L’Assemblée nationale a adopté, le 19 mai 2026 en première lecture, le projet de loi actualisant la programmation militaire 2024-2030. Ce texte stratégique vise à accélérer le réarmement de la France dans un contexte international marqué par la montée des tensions géopolitiques, des menaces hybrides et des conflits de haute intensité. Le Sénat doit désormais examiner le projet.
Le gouvernement prévoit une hausse supplémentaire de 36 milliards d’euros entre 2026 et 2030, portant l’effort global de défense à 436 milliards d’euros sur la période. L’objectif affiché est d’atteindre 2,5 % du PIB consacré à la défense d’ici 2030, avec une trajectoire pouvant atteindre 3,5 % à horizon 2035.
L’actualisation de la LPM met l’accent sur plusieurs priorités opérationnelles : reconstitution massive des stocks de munitions, développement des drones, guerre électronique, capacités spatiales, défense NRBC et préparation à l’engagement en haute intensité. Les livraisons de certaines capacités devraient connaître une hausse spectaculaire, notamment pour les munitions téléopérées, l’artillerie ou encore les armements air-sol.
Le texte prévoit également une montée en puissance des effectifs militaires avec une augmentation nette des personnels jusqu’en 2030. Un nouveau service national volontaire, destiné aux 18-25 ans, sera lancé dès l’été 2026 sous statut militaire pour une durée de dix mois.
Parmi les mesures les plus sensibles figure la création d’un « état d’alerte de sécurité nationale », nouveau régime d’exception activable en cas de menace grave contre la continuité des activités essentielles ou la sécurité nationale. Ce dispositif permettra notamment d’accélérer certains projets de défense via des dérogations administratives ciblées.
Les opérateurs d’importance vitale (OIV) et les industriels stratégiques seront également davantage mobilisés, avec la possibilité d’imposer des stocks stratégiques, de renforcer les contrôles de l’État et d’autoriser certaines capacités de lutte anti-drone.
Les députés ont par ailleurs renforcé plusieurs dispositions relatives à la souveraineté technologique, au contrôle parlementaire du futur régime d’exception, à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les armées et à la sécurisation des filières industrielles critiques.
