Nous nous retrouvons aujourd'hui dans un contexte qui a profondément changé. L'insécurité du quotidien s'installe, le narcotrafic se structure, les troubles à l'ordre public se multiplient, la criminalité organisée et protéiforme, et, dans le même temps, le retour des conflits de haute intensité en Europe nous rappelle une réalité que l'on pensait éloignée.
Ces phénomènes, loin d'être isolés, s'imbriquent, se renforcent, et mettent sous tension nos modèles de sécurité.
Comment mieux coopérer pour gagner en efficacité ?
Le narcotrafic, par exemple, traverse les territoires, infiltre l'économie, exploite nos failles de coordination. Les occupations illégales révèlent des zones grises dans la chaîne de décision. Les technologies avancent vite, parfois plus vite que le cadre juridique.
Nous devons passer d'une logique fragmentée à une logique intégrée : c'est précisément la raison d'être de ce colloque. Construire un véritable continuum de sécurité, où chacun connaît son rôle, partage l'information et agit de manière coordonnée. Un continuum qui relie le public et le privé, le local et le national, la sécurité du quotidien et les enjeux stratégiques.
Au fil de cette journée, nous allons aborder des sujets concrets, avec pour objectif de gagner en efficacité, en coopérant mieux en levant les blocages… Car le continuum de sécurité ne se décrète pas. Il se construit, dans la coopération, la confiance et la responsabilité partagée.
La réflexion doit aussi intégrer les fragilités croissantes liées à la santé mentale, qui participent à créer un climat d'incertitude, de détresse et parfois de basculement vers la délinquance ; parce que prévenir les ruptures sociales fait aussi partie de notre approche globale de sécurité. Et parce que la criminalité, notamment le narcotrafic, n'épargne désormais aucun territoire, ce colloque doit aussi nous amener à interroger la prochaine étape du continuum de sécurité : non plus seulement le faire vivre, mais le renforcer, le densifier et aller plus loin dans son articulation opérationnelle.
Plus qu'un état des lieux, ce colloque se veut un espace de convergence pour bâtir une réponse collective, adaptée aux réalités du terrain comme aux enjeux de souveraineté, avec une restitution des travaux en fin de journée qui mèneront à des axes de travaux durant le 2e semestre 2026.
Comité scientifique